Après deux ans à la tête de son unité, un colonel découvre qu’il est censé prendre des décisions

À quelques jours de son départ, une révélation inattendue ébranle tout le bâtiment de commandement du colonel Eugène F. : après quasiment deux ans de présence, l’officier supérieur aurait appris au détour d’une réunion que son rôle ne se limitait pas à signer des permissions avec un beau stylo-plume, présider l’arbre de Noël et hocher la tête d’un air grave lors des points de situation matinaux.

Après vérification, le colonel reconnaît avoir probablement survolé la partie ‘responsabilités’ de sa fiche de poste ayant retenu ‘incarner une vision’, ‘favoriser le dialogue’ et ‘être à l’écoute’ lors de ses stages de commandement surfacturés dans un nid de formateur d’école de commerce. Le passage où il est écrit qu’en cas de désaccord, c’est à lui de trancher ne lui semble pas suffisamment mis en évidence.

« Ça a été une véritable épiphanie dans les tout derniers jours de mon commandement. Mais avec la montagne de consignes que je dois laisser à mon successeur, je ne suis pas certain de trouver le temps de lui transmettre cette information. »

Colonel Eugène F. – NBI honoris causa

Quoi qu’il en soit, l’officier supérieur, solidement cramponné à son parapluie blindé, pourra désormais rejoindre Balard le cœur léger, fort d’un bilan impressionnant. Sous son égide, le choix des nouveaux véhicules de service est toujours à l’étude, le changement de fournisseur de café est en phase de consultation préalable à l’élaboration du calendrier des consultations, quant à la réorganisation des bureaux, elle a été judicieusement reportée dans l’attente des conclusions d’un comité chargé d’évaluer l’opportunité de créer un groupe de pilotage. Autant de dossiers cruciaux que son successeur aura le lourd défi de transmettre au suivant.

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