Vendredi portrait : l’officier de cavalerie qui n’a pas appelé ses filles France ou Victoire

Dans notre rubrique “Vendredi portrait”, nous tentons chaque semaine de vous faire découvrir une personne peu connue mais essentielle à la bonne marche de nos armées ou sortant du lot. Pour cette semaine, nous avons rencontré Grégory V., officier de cavalerie dans l’ouest de la France qui n’a appelé aucune de ses filles France ou Victoire.

Caporal Stratégique : Merci pour cette interview. Nous n’avons pas cru aux rumeurs sur votre existence. Avez-vous remarqué vous-même votre particularité ?

Grégory V. : Vous savez, j’ai toujours été considéré comme un original. A Saumur [NDLR : à l’école de cavalerie], j’étais uniquement marié là où mes pairs étaient déjà avec 2 enfants. J’étais déjà qualifié par mes pairs de “sacré trublion” pour parler vulgairement.

Caporal Stratégique : Pensez-vous malgré tout appeler une de vos filles ainsi à l’avenir ?

Grégory V. : Nous verrons bien, peut-être que si mon 8ème enfant est une fille, nous pouvons revenir aux traditions et lui donner un de ces deux prénoms si communs dans notre arme. Vous savez, chez nous, nous ne sommes militaires que depuis 4 générations. Toutes les traditions ne sont pas encore ancrées en nous.

Caporal Stratégique : Est-ce que cela n’entraine pas une confusion dans votre appartenance à ce groupe si particulier des officiers de cavalerie ?

Grégory V. : Je ne comprends pas votre question, je pense prendre prochainement le commandement du Régiment d’Infanterie de Char de Marine. Je pense qu’on ne peut pas faire plus clair.

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Vendredi portrait : Jacques B., magistrat de la Cour des Compte, qui défini la stratégie militaire de la France

Dans notre rubrique “Vendredi portrait”, nous tentons chaque semaine de vous faire découvrir une personne peu connue mais essentielle à la bonne marche de nos armées ou sortant du lot. Pour cette semaine, nous avons rencontré Jacques B., magistrat de la Cour des Compte, Rue Cambon à Paris.

Caporal Stratégique : Bonjour et merci de nous recevoir dans le cœur de l’administration française. Nous entendons que peu parler de vous mais vous semblez être en tête de la stratégie militaire française.

Jacques B. : Vous savez ce que c’est, sorti tout en haut du classement de l’ENA, nous ne pouvons qu’être bons dans tous les domaines. Moi, par exemple, en faisant partie de la 7ème chambre de la Cour des Comptes, je suis doué en défense, sécurité intérieure, justice, affaires étrangères, pouvoirs publics, services du Premier ministre, administration déconcentrée, finances publiques locales, appels des jugements des chambres régionales et territoriales des comptes.

Caporal Stratégique : Et comment participez-vous à la définition de la stratégie militaire de la France ?

Jacques B. : Alors, nous ne sommes pas seuls, il y a Bercy également. Des années que les généraux demandent l’arrêt de Vigipirate puis Sentinelle mais il a fallu que je le mette dans mon rapport pour que ce soit sérieusement pris en compte. Pareil, que l’on veuille un second porte-avions, il peut y avoir une réflexion sur l’utilité ou non mais c’est le Ministère des Finances qui estimera si c’est nécessaire au final.

Caporal Stratégique : On peut comprendre que l’idiome “L’intendance suivra” manque de hauteur de vue, mais n’avez-vous pas peur d’inverser le but et les moyens ?

Alexandre F. : Veuillez m’excuser, je n’ai pas compris la question. Pardon mais êtes-vous fonctionnaire ? Est-ce que vous avez déclaré vos heures sur cette interview pour qu’elle soit enlevée de la ligne “Personnel” de la gestion de votre unité ? Je pense que je vais demander la dissolution de votre régiment pour double emploi. Vous savez qui décide !!!

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Vendredi portrait : le commandant qui fait de brefs discours aux cérémonies

Dans notre rubrique “Vendredi portrait”, nous continuons à mettre en valeur les personnels méconnus au sein de armées, dont ceux qui sont considéré comme des légendes tellement peu de gens les ont croisés. Nous avons le plaisir de recevoir le Général de Brigade Aérienne Julien S., dont le discours de remerciement pour son passage aux étoiles n’a duré que 1 min 22 !

Caporal Stratégique : Bonjour Mon Général, nous avons cru au début à une plaisanterie qui nous était faite mais il semble que vous êtes un des rares commandants qui fait de bref discours ?

Général de Brigade Aérienne Julien S. : C’est vrai.

Caporal Stratégique : Vous devez êtes apprécié lors des couleurs et des soirées avec buffet ?

GBA Julien S. : Totalement.

Caporal Stratégique : Vous prenez des dispositions particulières lors des couleurs où la pluie s’invite ?

GBA Julien S. : Je fais plus bref.

Caporal Stratégique : C’est étonnant cette capacité à aller directement au but. Ce n’est pas gênant si vous étiez à la tête d’un centre d’étude par exemple ?

GBA Julien S. : C’est apprécié. Pour le discours fait synthèse.

Caporal Stratégique : Un dernier mot pour conclure ?

GBA Julien S. : Bien sûr. Mon travail, qui porte sur la brièveté dans les discours, s’inscrit dans la continuité des recherches portant sur la rhétorique antique et des travaux contemporains. Que ce soit dans la poétique, le discours militaire ou l’engagement politique, c’est autant de base qui parlent à tout orateur. De fait, si l’examen des théories rhétoriques antiques, et en particulier cicéroniennes, de la brièveté, est indispensable pour comprendre et lire la brièveté de l’orateur, le renouvellement de la notion par la poétique moderne ne peut qu’enrichir notre lecture de sa prose. En dressant un état des recherches sur la notion de brièveté, nous ne pouvons qu’avoir envie de parcourir l’histoire de la notion dans les rhétoriques dont s’est nourri Cicéron mais également l’idée que s’en font les députés tant sous la monarchie parlementaire français ou la IIIème République qui a suivi. Au terme de ce parcours, cette lecture l’aide à la compréhension des concepts du discours moderne, développe et explicite les intuitions qu’a pu avoir la rhétorique, à travers notamment les notions de quidam cantus obscurior ou d’actio. Une telle lecture de la brièveté n’est pas sans conséquences pratiques : elle peut en effet ouvrir sur une rhétorique de la traduction, qui prenne en considération cette brièveté. C’est pourquoi nous je propose, à la fin de ce bref travail d’introduction…

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Vendredi portrait : la fille du colonel qui dessine les symboles sur les cartes d’État-Major

Les symboles militaires présents sur les cartes d’Etat-Major sont toujours assez obscurs pour les non-initiés, même militaire. Leur apprentissage se fait par un douloureux moment de lecture de la note OTAN définissant ces hiéroglyphes connus sous la note APP-6. Peu savent que certains officiers délèguent la tache de préparation des cartes à leurs enfants, tout heureux de pouvoir dessiner sur de grandes feuilles tout en aidant leurs parents. Nous avons pu interviewer une de ses petites mains ayant à peine 9 ans.

Caporal Stratégique : Bonjour Mathilde, merci de prendre un peu de temps pendant que tu dessines pour répondre à nos questions. Sur quoi es-tu en train de travailler ?

Mathilde dVdEdR, fille d’officier : Euh… bah… mon papa, il m’a dit qu’il fallait préparer des cartes pour un exercice. Alors, là, j’ai mis du bleu à gauche et puis j’ai mis des carrés rouges à droite et j’ai mis une grosse rivière pile au milieu. Mon papa me dit qu’ils vont rigoler pour traverser tous en même temps pour aller chacun de l’autre côté.

Caporal Stratégique : Mais ton papa, tu sais s’il aime ces cartes ?

Mathilde dVdEdR, fille d’officier : Il aime beaucoup. Il dit que de toute façon, personne ne comprend les dessins qui sont dans les carrés. Une fois, avec des amis colonels, ils avaient un peu bu et ils ont pris un dessin où j’avais mis n’importe quoi. Ils ont rigolé et ils ont dit qu’ils vont créer cette unité et qu’ils vont l’appeler le Régiment d’infanterie chars de marine.

Caporal Stratégique : Il les utilise pour le travail donc ?

Mathilde dVdEdR : quand j’ai pas dépassé, il les emmène pour faire des exercices. Y a une fois, il m’a dit de dessiner sur une carte d’Ukraine et j’en avais mis des carrés rouges partout au hasard comme je voulais. Mais la carte, mon papa m’a dit qu’elle a été volée mais que ça l’étonnerait que ça soit utiliser par quelqu’un car ce serait une super défaite de faire ce que j’avais colorié.

Caporal Stratégique : Merci beaucoup Mathilde pour ton intervention, nous espérons en tout cas que tu t’amuses bien avec tous ces crayons.

Mathilde dVdEdR : Tiens, je t’ai fait quelques dessins. Tu me diras si t’aimes. C’est que des équipements ou unités qui existent, je sais pas si tu es aussi fort que mon papa pour les trouver.

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Vendredi portrait : Le capitaine qui crée les acronymes

Paris – C’est une légende dont parle tout le personnel militaire que le Caporal Stratégique à l’honneur d’interviewer aujourd’hui. Tout membre du Ministère des Armées a eu affaire indirectement au travail de notre invité, le Capitaine Wilfried G. – OAAA (Officier Acronymes Aux Armées). C’est à sa cellule qu’incombe de trouver la définition à l’ensemble des acronymes créé dans cette grande administration.

Caporal Stratégique : Merci Mon Capitaine de nous recevoir. Nous imaginons votre équipe très occupée par l’ensemble des acronymes qu’elle doit créer pour les armées. Comment arrive-t-on dans une telle équipe ?

Cpt Wilfried G. – OAAA : Par hasard, comme beaucoup j’avais demandé à être muté en Alsace donc je suis allé à Balard. Une fois ici, nous passons déjà un temps important à lire l’AAP-77 pour maitriser la création des acronymes. Ce n’est pas forcément évident et souvent, les premiers pas sont peu prononçables comme un mot tel le CPCO ou le CCCCM. Du travail d’amateur.

Caporal Stratégique : comment se passe une journée type ?

CWG-OAAA : On nous donne chaque jour un lot de programme militaire, nouvelle organisation ou même, on choisit parfois de renommer un objet du quotidien en acronyme. On sait que l’on a gagné quand notre acronyme arrive à être plus long que ce qu’il désigne par des mots simples.

“Le travail n’est pas évident et il faut rester concentré. On n’a pas gardé un lieutenant strabique qui nous a créé des acronymes avec des lettres au milieu des mots comme la nacelle ESCAPE où le C vient de réCupération.

On l’a muté au stand de tir”

Capitaine Wilfried G. – Officier acronyme

Caporal Stratégique : Aucune confusion parmi tout ce que vous créez ?

CWG-OAAA : Si bien sûr, plein, mais nous avons notre bible, l’AAP-15 qui nous permet de tout répertorier et nous assurer qu’il peut bien y avoir des ambiguïtés. Il ne faut pas se leurrer, il n’y a que 26 lettres dans l’alphabet et plein de combinaison sont déjà pris par le mot. Alors, on fait comme on peut et on se rassure en disant que nous n’utilisons pas des idéogrammes comme en Asie.

Caporal Stratégique : C’est tout de suite plus éclairant et merci pour ces éclairages. Nous savons déjà plus d’où nous vient toutes ces abréviations et acronymes qui nous perdent mais aussi où les chercher.

CWG-OAAA : OK

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Vendredi portrait : Les gouteurs du Service des Essences

Marseille – C’est au sein du CEPIA (Centre d’Expertise Pétrolière Interarmées) du Service de l’Energie Opérationnel (SEO), anciennement le Service des Essences, que le Caporal Stratégique dresse son premier portrait des personnes composant nos forces armées. Une rubrique à retrouver désormais toutes les semaines.

Caporal Stratégique : Merci de nous recevoir dans ce centre d’expertise. Nous ne connaissions pas le métier de gouteur au sein du SEO. Est-ce que vous faites partis de ces métiers discrets ou oubliés ?

Agent technique en chef Philippe P. – Gouteur d’essence : Disons qu’il y a un peu des deux, nous sommes oubliés car le SEO est partout et on en oublie toute la chaine pour faire parvenir le carburant aux bateaux, véhicules et avions. Mais nous aimons également la discrétion, surtout après la période d’ouverture des années 90 où nous nous retrouvions avec des demandes farfelues de la part de conducteur de char désirant avoir une odeur de magnolia pour leur Leclerc.

Caporal Stratégique : En quoi consiste le travail de gouteur au SEO. On pourrait penser que ce métier peut être toxique.

Philippe P. : Nous avons plusieurs buts, vérifier grâce aux meilleurs palais et nez parmi les effectifs, la qualité des carburants. Au final, c’est peu toxique, il suffit comme pour le vin de ne pas avaler. Nous participons à faire les mélanges de carburants pour permettre d’obtenir ce qui est le mieux pour nos clients. Cette année, avec les tempêtes dans le Sahara, les essences d’Algérie semblent plus aérien, nous cherchons aussi à recycler les marées noires pour pouvoir proposer une pointe de gout iodé dans les carburants proposés.

Caporal Stratégique : Avez-vous aussi un impact dans le civil ?

Philippe P. : Bien sûr, nous avons rajouté quelques ingrédients secrets qui ont fait qu’aujourd’hui, nombreuses sont les personnes adorant l’odeur de l’essence aux stations-services. C’est un accident où nous avons rajouté l’odeur de colle UHU avec l’essence pour permettre cette puissance attraction.

Nous avons eu aussi des déboires avec une filière interne qui a été vite démantelée où certain ont formé les gens à siphonner les réservoirs sans être gêné par le gout de l’essence. Une tâche sur notre pedigree.

Caporal Stratégique : Quels sont les évolutions pour votre métier ?

Le changement de nom en SEO vient en partie du fait que nous nous tournons vers les énergies nouvelles, que ce soit vers les biocarburants mais également les véhicules électriques. De nombreux volontaires parmi les gouteurs tentent désormais pour garder un côté artistique de trouver une manière de faire des éclairs efficaces lors des chargements avec de jolies couleurs violettes ou multicolores. C’est un champ de recherche où se rejoint tout notre savoir-faire technique et artistique.

Caporal Stratégique : Merci pour cette interview, nous verrons autrement votre travail et n’hésiterons pas à venir faire un petit coucou à tous vos collègues dans nos bases maritimes, aériennes et casernes.

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