
À Toulon, il y a des choix de vie qui relèvent de la liberté individuelle. Et puis il y a les trahisons caractérisées. C’est ainsi qu’un jeune Toulonnais de 19 ans, pourtant né à l’ombre des grues de l’arsenal et bercé par les essais de puissance des radars, a commis l’irréparable : il a officiellement annoncé cette semaine à son entourage son engagement dans l’Armée de l’Air et de l’Espace.
Tant il est difficile de distinguer les quelques habitations qui se détachent de la Base navale et du port, force est de constater que la ville entretient une relation fusionnelle avec les bâtiments qui peuplent sa rade. Dans ce contexte, annoncer vouloir servir sous l’uniforme bleu ciel avec un pantalon bleu Louise, plutôt que bleu marine, relève pour beaucoup d’un acte d’insubordination culturelle.
« On s’est inquiété pour sa sécurité. À la limite, s’il était rentré dans les Troupes de Marine qui appartiennent à l’Armée de Terre, la moitié des habitants auraient encore pu croire qu’il était dans le droit chemin, mais là, on est dans la provocation. »
Maïty G. – L’autre Toulonnais votant à gauche
L’impétrant sera ainsi exhibé à la foule en partant de la Base navale, en passant par le Musée national de la Marine, puis la Préfecture maritime, le Cercle Naval, le port avec ses bateaux-bus, pour finir au sous-marin FNRS III au bout des quais. La foule pourra ainsi participer à cette cérémonie pédagogique dans le but d’obtenir de lui une réorientation spirituelle. Une cellule psychologique sera également mise en place pour tenter au moins de lui faire rejoindre l’Aéronavale et ainsi sauver l’honneur de sa famille.