
Alors qu’il est assis torse nu sous un ventilateur poussif, une bouteille de bière frais à la main et des moustiques de la taille d’un drone tactique en embuscade autour de lui, l’adjudant-chef Stéphane R. profite enfin avec satisfaction de la seule raison qui l’a poussé à demander sa mutation en Guyane : pouvoir regarder le Super Bowl à 18h plutôt qu’à 2h du matin. Néanmoins, ces trois heures justifiait-il vraiment un changement de continent ?
Tout avait pourtant commencé par une réflexion simple en février dernier. Alors affecté dans l’Est de la France, Stéphane avait une nouvelle fois vécu l’épreuve annuelle du Super Bowl ‘à l’européenne’ : réveil en pleine nuit, performance sportive regardée dans un état semi-comateux, et tentative de briefing le lendemain matin avec des commentaires sur les Indians Sea Darts.
« J’ai cru pouvoir profiter pleinement du match et des a-côté mais il faut se dépêcher de manger les chips dans la première demi-heure sinon elles deviennent trop molle à cause de l’humidité ou elles sont emportées par les moustiques géants. »
Adjudant-chef Stéphane R. – sous l’effet de la quinine
Après la performance décevante de son équipe cette année, le doute s’immisce à nouveau sur ses choix alors qu’il se prépare à endurer une nouvelle marche sportive dans la jungle. Il semblerait que les grands gagnants sont surtout les services RH des armées qui viennent ainsi d’enfin trouver un second argument pour compléter l’unique disponible jusqu’à maintenant qui était de voir partir des fusées partir dans l’espace, afin de faire venir des militaires au large du Brésil.