
C’est une réforme pédagogique que les instructeurs militaires qualifient de « pragmatique », tandis que les juristes parlent déjà de « grand n’importe quoi, de toute façon, on est au chômage bientôt » selon les professeurs de droits internationaux. À compter de la rentrée prochaine, l’École de Guerre fusionnera les cours de droit international avec ceux sur l’assaut aéroporté. Une décision présentée comme une simple mise à jour des programmes, destinée à mieux refléter les réalités contemporaines du champ de bataille et de la diplomatie qui change désormais chaque semaine.
Selon la note interne, le nouveau module baptisé ‘Normes, cordes lisses et souveraineté relative’ viendra compléter le module ‘drone, missile et avertissement musclé par élimination’ et part d’un constat jugé indiscutable : le droit international n’existe plus que comme une discipline esthétique, utile à la rédaction de communiqués, mais largement décorative dans l’exécution des opérations. Le cours débutera désormais par une analyse comparée des Conventions de Genève et des capacités d’insertion héliportée, avant de conclure qu’actuellement, la seconde dispose de plus de latitude sur la scène internationale.
« On est désormais obligé de faire la correction des copies dans la soirée même. Si on attend ne serait ce que deux jours, la moitié des lois qui restent encore en place sont soit balayé par Donald Trump, soit abandonnée par lâcheté en Europe. »
Professeur Marie F. – juriste de qui reste du droit internationale
Certains élèves regrettent néanmoins que l’adaptation des cours au contexte militaire et budgétaire français ou européen fasse manquer de panache à la matière. Le cours ne prend uniquement que le cas de gilets jaunes ou des écologistes comme cas possibles d’intervention de l’Etat dans le cadre français. Un cadre qui reste malgré tout moins limité que celui de l’Union Européenne où le cours indique surtout les manières d’effectuer des déclarations d’intentions d’intervention en dernier recours, si nécessaire, peut-être, en cas d’intervention des troupes extérieures alors qu’ils sont à proximité de Bruxelles.